"A sqizzev" un terme kabyle définissant ceux qui, vulgairement parlant, passent de la pommade aux autres pour quelques satisfactions en contrepartie. Notamment à leur maîtres pour qu’ils les voient de l’oeil de la pitié. Certains kabyles sont passés maîtres en la matière. L’exemple qu’ils vont laisser aux générations suivantes n’est guère reluisant.
C’est en zappant, une matinée du mois de janvier dernier, que je suis tombé sur une émission présentée par deux jeunes animatrices de canal-algérie. Cette télévision de propagande, en direction des immigres, qui sévit sur le satellite. L’invité n’était autre que l’humoriste kabyle Kaci Tizi-ouzou. Connu pour l’émission quotidienne, s tezmert imekli nwen, qu’il animait à midi sur la chaîne II pendant les années 70-80. Et surtout pour son, célèbre, personnage, « Kac i ». Un kabyle d’instruction francophone avec un accent kabyle prononcé et une moustache à non pas finir. Il donnait la réplique à son acolyte « Qriqech » un algérois, de la kasbah d’Alger avec une intelligence restreinte. L’émission, se fait en langue française que l’humoriste maîtrise parfaitement. Faisant, même, figure de professeur devant ces deux animatrices. Malgré le temps qui passe, Kaci izi-Ouzou nous offre un visage radieux sans trop de sillons. Toujours avec ce regard intelligent et sa moustache qui nous fait rappeler quelques vieilles personnalités du cinéma anglais. Dépassant les 70 ans un teint clair, des traits fins, des yeux rieurs avec un regard d’un vert perçant. Apparemment pas grandes choses ne les lient, ni la génération ni la langue de Molière ni celle de Muhand u Mhand. Si elles se défendaient tant bien que mal pour ce qui concerne la première, elles n’ont, par contre, aucune clef pouvant ouvrir la deuxième. Et, bien sur comme de coutume, c’est à l’humoriste kabyle de venir au secoure des deux animatrices algériennes à chaque fois qu’il s’agissait de traduction. Nous ne pouvons pas demander aux deux demoiselles plus qu’elles n’en pouvaient. Il fallait ou les excuser ou se boucher les oreilles à chaque fois qu’elles asseyaient de prononcer un mot en kabyle car non seulement elles l’écorchaient mais elles lui donnaient, aussi, une intonation qui rappelle la langue de Mohammed. Le décor est planté, l’émission se déroule en évoquant les souvenirs et les artistes amis de kaci, tel que le regretté Saadaoui Salah. Des sketchs anciens, qu’aucun kabyle n’a vus de sa vie, défilaient de temps à autres sur l’écran. Des documents qui moisissaient, certainement, dans les casiers de la télévision algérienne. L’une des animatrices a eu cette phrase qui a mis en branle l’humoriste Kaci. « Grâce à la télévision algérienne on vous regarde même en France et partout en Europe, monsieur Kaci ! » Ce dernier sursaute sur sa chaise et entonne : « La télévision algérienne nous a abandonné...l’artiste algérien n’a jamais été considéré et il ne passe même pas à la télé. » Kaci Tizi-ouzou est ému, il pleur a chaudes larmes et le voilà qui disparaît du champ des caméras. Les deux animatrices, mis amusées mi-déstabilisées, rebondissent immédiatement en sermonnant l’humoriste kabyle de ne plus répété des propos pareils car, d’après elles, il disait des contres vérités « la télévision algérienne a toujours été là pour promouvoir les artistes algériens...et des efforts sont, encore fait dans ce sens... » Kaci Tizi-Ouzou revient à la table, les yeux rougis, un mouchoir à la main et lance en langue arabe : « Vous êtes jeunes mes filles pour connaître cette époque... » Et aux deux animatrices de reprendre « non, les archives sont là pour l’attesté. »
_Quand la télévision algérienne est en accord avec elle-même Effectivement, tous ceux qui connaissent la télévision algérienne iraient dans le même sens que ces deux animatrices. Car qui ne se souvient pas de khlifi Hmed ce chanteur algérien et sa troupe de flûtistes du désert ? Chantant dans des décores, sous formes de palmiers en plastique, rappelant les oasis de ses origines. Passant et repassant, l’autre flûtiste du désert, Abdelhamid Ababsa et sa chanson « Hizia ». Faut-il rappeler à Kaci Tizi-ouzou tous les noms des stars de la télévision algérienne ? a t- il oublié les grands chanteurs tels que Rabah Deriassa, avec son « khoud el meftah » Blaoui Houari, Ahmed Ouahbi, Zmirli, Ahmed Rachdi, Sabah Essaghira, Thouria, Hamdi Bennani, Mhemmed Tahar Fergani, Seloua, Guerouabi, Cheb khaled et tous les autres chebs possibles et imaginaires ? De même pour le cinéma et le théâtre. La télévision algérienne n’a laissé aucun artiste algérien au bord de la route. L’humoriste kabyle a t-il oublié les soirées avec le théâtre régional de Constantine, celui d’Oran ou d’Alger ? A t-il effacés de ça mémoire les série burlesque de la troupe théâtrale de Constantine qui passait toute l’année en plus des mois de ramadhan ? Sans oublier les émissions pour enfants qu’assuraient Hdidouane, le clown oranais, et sa maman Mamma messaouda, cet homme déguisé en vielle dame arabe. Deux personnages qui ont bercé des générations d’enfants algériens. Plus loin, encore, Nnadi ouel Badi et leur ami Ali-Dib qui présentaient un programme pour enfants , aussi, dans l’émission Hadiqa sahira en passant par Ndjoua et son nadi el atfal s’adressant, en algérien aux enfants algériens. De deux choses l’une Ou bien Kaci-Tizi-Ouzou est frappé d’amnésie ce qui est grave ou bien sa réaction participe t-elle d’une stratégie de normalisation visant à faire croire que les Kabyles sont algériens à la même enseigne que tous. Ce qui est encore plus grave. Toujours est-il, notre, kaci oublie que la télévision algérienne a même intégré en son sein des artistes kabyles qui passaient régulièrement sur l’écran. Elle leur a donné leur chance comme tous leurs homologues algériens à un détail prés c’est qu’il fallait, pour se faire, qu’ils oublient qu’ils étaient kabyles. C’est comme cela qu’on a vu se produire à la télé algérienne des artistes kabyles s’exprimant dans la langue des algériens, uniquement, c’est à dire l’Arabe, comme s’ils étaient chez eux. Ne sont pas là pour me contredire les, Chaaou Abdelkader, Sami El Djazairi, Lghazi, Dahman Lharrachi, El Anka, Boujemâa El Ankis, Hamidou, Sadeq El Bidjaoui etc. Tous chantaient en arabe à la télévision algérienne. Malgré leurs œuvres en kabyle, ce n’est que l’Arabe qui était mis en avant. C’est normal car c’est une télévision algérienne jusqu’à preuve du contraire. Les hommes de théâtre ne sont pas en reste, ainsi, la télévision algérienne a su séduire et honorer tous les Kabyles qui ont oublié ou mit de coté leur langue. De grands noms du théâtre et du cinéma algérien, sont en vérité kabyles. Rouiched « Hassen terro », Sid Hmed Agoumi, Ouenniche, les frères Hilmi, Djamila, la regrettée Yasmina, Fatiha Berbère, Mustapha Preur, Larbi Zekkal, et avec eux tous les réalisateurs et metteurs en scènes : Iftisen, Azedin Meddour, Bouguermouh et son fameux « kahla ou bayda » etc. Tous ses bataillons kabyles servaient leurs maîtres à la télévision algérienne et dans la langue du maître même. Parmi eux, Kaci-Tizi-Ouzou « him self » Qui ne passait sur cette même télé que parce que les textes de ses sketchs sont en arabe, donc, pour les Algériens. En utilisant l’Arabe, comme langue de théâtre et d’interprétation, ces artistes, ont cessé d’être kabyles. Ils auraient pu, au moins, travailler en direction des les leurs même si c’était avec une autre langue. Choses qu’ils n’avaient jamais faites. C’était bien des artistes algériens qui passaient à la télévision. Et le peuple kabyle dans tout cela ? Ce dernier n’avait que deux solutions. La première est de s’arabiser pour qu’il puisse avoir accès à la nouvelle culture de ses propres enfants, eux même algérianisés et disparaître rapidement en tant que peuple. La deuxième c’est de refuser la compromission, se couper de ses enfants, qui ne parlaient plus qu’aux autres, garder sa culture sans les infrastructures qui la développent et disparaître, quand même, lentement.
_Une télévision étrangère En décriant la télévision algérienne Kaci-Tizi-ouzou avait agit comme l’aurait fait n’importe quel kabyle qui ne se laisse pas faire et qui s’inscrit dans cette grande tradition protestataire kabyle. Seulement, à ce moment là, notre grand humoriste s’est trompé de combat. Encore une fois pour un kabyle. Kaci-Tizi-Ouzou semblait oublier que les grands absents et perdant de la télévision algérienne sont les Kabyles et non pas les Algériens ! Et puis quoi de plus normale pour une télévision algérienne que de mettre en avant les artistes algériens et pas les Kabyles ou d’autres ? L’humoriste kabyle, voulait-il se déguiser, encore une fois, en algérien ? Continue t-il à penser que l’Algérie le regarderait avec l’œil de la reconnaissance ou de la pitié ? Même à son age et malgré toute son expérience ? Pourquoi persiste t-il, comme beaucoup de kabyles, à voir les choses comme elles devraient être, dans son esprit, et non pas comme elles le sont en réalité ? Et de quels droits pense-t-il que les choses devraient être autrement qu’elles ne le sont en réalité ? N’a t-il pas remarqué que la télévision algérienne adoptait une attitude de télévision étrangère vis à vis de toute production artistique kabyle ? Même si cela n’est pas, clairement établi, des indices plaident en ce sens. Certains nous contrediraient en disant que la télévision algérienne passait, de temps à autres, les Idir, At Manguellat, et même Ferhat de temps à autres. Oui, ces artistes kabyles passaient, de temps à autre, comme passaient aussi, les Beatles, les Bee-gees ou James Brown de temps à autre! Et on peut, même, rajouter que de ce fait la télévision algérienne n’était pas fermée aux autres cultures du monde qu’elles soient kabyle européenne ou américaine. Ce qui vient consolider l’idée que la télé algérienne soit étrangère par rapport au peuple kabyle c’est que si le domaine de la chanson kabyle a eu quelques égards, égarés dans le temps certes, par contre le théâtre et le cinéma kabyle étaient complètement occultés. Ces derniers étaient plus étrangers que le cinéma et le théâtre américains, français, égyptiens ou même hindous. Kaci, Obéissait-il à quelques machinations, de plus, préparées à l’avance dans le cadre de la propagande, pour amoindrir l’ampleur des bénéfices en tous genres dont a profité la culture algérienne comparée à sa rivale kabyle ? Voulais t-il dire que la télévision algérienne à condamné les artistes kabyles et qu’au dernier moment il s’est rétracté par peur ou par honte ? Malgré le bénéfice du doute, reste une chose qui est sur, c’est que Kaci-Tizi-Ouzou verse toujours et encore dans la négation du fait kabyle. Il est encore dans l’ « asqizzev », comprenez le cirage de pompes. En tant qu’artiste, lésé, trompé, humilié depuis 1962, il continue à quémander auprès de ceux qu’il croit l’aimer. L’humoriste nous rechante, encore une fois, la chanson de l’unité nationale algérienne « nous sommes tous des algériens » Lui qui, pendant la guerre de libération, avait boycotté les médias français et avait rejoint la troupe artistique du FLN. Lui qui avait compris qu’il faisait partie de l’élite artistique et qu’il fallait accompagner le combat politique et militaire du FLN, semble ne pas comprendre le combat de son peuple kabyle. Malgré le printemps noir il continue à courir les plateaux de télévision algérienne, donnant ainsi une légitimité à cette dernière qui n’a ménagé aucun effort pour désinformer et insulter les enfants de la Kabylie pendant que ses derniers tombaient sous les balles de la gendarmerie algérienne. Assistons-nous à une démission de l’élite kabyle et une coupure de cette dernière d’avec les forces vives de son peuple ? Tout porte à y croire si l’on considère dans la même optique la réaction de l’entraîneur du, boxeur kabyle Moussi, champion du monde professionnel dans sa catégorie
_a sqizzev » ou l’élite à la solde. En effet, le lendemain de la rencontre qui a vu couronner le boxeur kabyle en champion du monde ce dernier et son entraîneur sont reçus sur le même plateau de télévision par les deux jeunes animatrices. L’entraîneur du champion du monde est kabyle aussi. Mais à l’entendre parler, on pourrait penser qu’il regrette de l’être tellement les allusions à l’algérianité sont récurrentes et incessantes. « Je dédie cette victoire à mon président Monsieur Abdelaziz Bouteflika le président de tous les Algériens... » Quand on pense que la kabylie tout entière avait rejeté les élections en refusant de voter et qu’elle avait chassé le président des algériens, Bouteflika, par la petite porte de la salle des fêtes l’obligeant à prendre l’hélicoptère pour rentrer chez lui alors qu’il était venu par route ! Et à l’entraîneur de rajouter « cette victoire est celle de l’Algérie... » Pendant toute l’émission, il n’avait de pensées qu’aux algériens, aux organisateurs, aux responsables de la sale de sport de Hydra à Alger et surtout au président d’honneur, un algérien, qu’il remerciait presque à genoux. Pas un mot, en contre partie, pour les Kabyles ni pour la Kabylie d’où est issu son jeune combattant à qui on n’a pas laissé beaucoup de temps de parole. Pourtant ce que les téléspectateurs ont découvert pendant la diffusion des images de la victoire est éloquent tellement cela n’avait pas besoin de commentaires. Un Boxeur avec de faux airs de Locif Hamani, l’ancienne gloire de la boxe kabyle, qui s’acharnait sur son adversaire du jour et qu’il a envoyé, par deux fois, au tapis devant une sale comble chantant et scandant des airs kabyles. Une salle bleu vert jaune, les couleurs de la Kabylie, que la caméra n’a cessé de balayer de long en large. Pas un seul drapeau avec le croissant et l’étoile, à part celui de l’entraîneur avec lequel il est monté sur le ring pour couvrir son poulain après l’arrêt du combat par l’arbitre. Les Kabyles sont venus en masse. La salle était à eux et il n y avait qu’eux, pour supporter leur boxeur. La victoire ne leur a été, à aucun moment dédié. Les martyres du printemps noir aussi sont passés à la trappe. Pas un seul mot pour ceux qui sont tombé en kabylie. Pas une référence à la mère patrie. Pire encore, à un moment de l’émission cet entraîneur saisi la parole pour lancer une invitation à Bouteflika « monsieur le président je t’invite à venir pour le prochain match de boxe qui se déroulera à Tizi-ouzou et tu seras le bienvenu chez toi. » Et voilà comment on réduit à néant tous les efforts consentis par une jeunesse depuis avril 2001. Ce qui devait être un atout pour renforcer le sentiment national kabyle et l’appartenance à un peuple de vainqueur, sert les ennemis de ce même peuple. C’est à se poser des questions sur le mal qui frappe l’élite kabyle, à supposer qu’élite il y a. Qui ne se rappel les commentaires du joueur de football Lakhdar Belloumi après la victoire de l’équipe algérienne de football en 1982 contre l’Allemagne ? « Je dédie cette victoire à la nation arabe » pourtant l’ensemble de l’équipe nationale algérienne était kabyle, Serbah, Larbes, Fergani, Assad, Madjer, Zidane, Sadmi, Amara, Dahleb, Mennad ainsi que le staff technique à leur tête l’entraîneur kabyle de la JSK Khalef... etc. Plus près de nous et après sa victoire en championnats du monde du 1500m le coureur de demi-fond, l’Algérien, Morceli fait une déclaration à la presse « je dédie cette victoire au F.I.S » comprenez Front Islamique du Salut responsable des crimes à grandes échelles face à l’humanité ébahie par sa barbarie islamique. On voit que les Algériens sont en accord et en paix avec eux même. Ils n’ont pas de scrupules dés lors qu’il s’agit de mettre en avant leur identité d’ont-ils sont fiers et on ne peut que se réjouir en les enviant de leur fidélité à ce qu’ils sont. Une élite sportive en phase avec sa base. Tous parlent d’une seule et même voix. Tous sous la bannière de la nation arabe. Reste aux kabyles de se débarrasser de cette haine qu’ils ont pour eux même et gagné une estime de soi. Comment peut-on se résigner en voyant que certains font référence à la nation arabe qui est, pourtant, une nation de vaincus « guerre des six jours, le Golan, les deux guerres, du golf...etc. », une nation raciste « massacre au Darfour des chrétiens soudanais par les bédouins arabes, les assassinas des coptes en Egyptes, l’élimination des kurdes au gazes chimiques…etc. » Et les Kabyles ont honte ou peur de mettre en avant leur appartenance, pourtant c’est un peuple de vainqueur « la guerre de libération contre l’occupation française» Un peuple qui donné ses enfants pour combattre le nazisme hors de ses frontière même et continue à alimenter les autres nations de ses enfants les plus en vue et ce dans différents domaines. Comment peut-ont avoir la haine de soit alors que la seule entreprise kabyle faite et dirigée par des kabyles en Kabylie est la JSK ! Cette structure, la seule consentis aux kabyles, qui a démontré un savoir-faire, un sérieux, une rigueur professionnelle avant même l’avènement du professionnalisme dans le monde du sport de ce pays. L’entreprise JSK, en plus de l’école de formation qu’elle était, écrasait tout sur son passage, raflait des titres nationaux et continentaux et même les trophées de fair-play ne lui échappaient pas. Elle incarnait, à elle seule, l’éducation, la rigueur et la discipline kabyle. Elle fournissait les équipes nationales algériennes et même les clubs européens avec la fine fleur de son produit c’est à dire ses enfants sportifs de très haut niveau. Ce grand club kabyle, à la renommée internationale, à su même kabyliser des étrangers tel que son entraîneur polonais, le regretté Stéphane Ziwotko, dont les enfants on finit par parler le kabyle après leur langue maternelle le Polonais. Ce club avait un seul supporter, le peuple kabyle, et ils étaient sur le même diapason. Assistons-nous à un divorce entre l’élite kabyle et son peuple ? Ou tout simplement un, récurant, conflit intergénérationnel avec ce qu’il peut comporter comme intérêts contradictoires ? Nos aînés continueraient-ils à croire en l’éventuelle bonté de nos propres bourreaux au point de tenir des discours différents de leur peuple ? Une chose est sur. Qu’ils aient raison où tort, le fait qu’ils s’opposent à la marche des leurs, au mieux, retarderait la victoire, au pire mènerait à la défaite finale et définitive donc la disparition de la kabylie en tant qu’entité. L’histoire nous a apprit par le passé que, bien, des peuples ont vu leurs destinées changer de cape passant du positif au négatif et vis versa grâce ou à cause de leurs élites. Selon que l’on croit ou pas à la spontanéité des masses, certains diront que L’élite d’un peuple ne sert pas a grand chose sinon meubler les salons et que les peuples Sentent, seuls et instinctivement, le temps du changement. D’autres, au contraire, voient en elle une synergie d’où émanent les mouvements de fond qui changent une société et un peuple. Nous nous trouvons devant deux considérations. Deux courant de pensée qui semblent, à première vue, opposés mais qui, néanmoins, se rencontre sur un point, important, celui d’admettre que dans une société il y a bien une élite et des masses populaires. Le mieux qui puisse arriver à une société désirant le changement est qu’il n’y ai pas de malentendus ou d’intérêts contradictoires entre l’élite et la base. Fixer un objectif commun qui représenterait un tronc sur lequel tout le monde est d’accord. Une sorte de garde fou contre tout dérapage en cours de route, même si son élaboration passait par des différences entre les protagonistes. Parler un seul langage, avoir une motivation commune, éviterait la perte de vitesse et d’énergie, par conséquent la perte de l’idéal à atteindre. Les exemples de sociétés qui ont révolutionné le monde, ou tout simplement le leur, ne manquent pas. La révolution française Fait passer la France d’une monarchie féodale à une république démocratique. Et ce, grâce à Robes Pierre et gavroche. Grâce à une élite pensante qui était en accord avec son peuple. La réussite était là dés lors où le but était, bien défini d’emblée, celui de faire tomber la monarchie.
_Aux sources de la haine de soi Loin d’être une affaire de circonstances cette négation que l’élite kabyle à pour-elle même et par conséquent, pour son peuple vient de loin. Dans la même optique que la révolution française, ce que certains appellent, la révolution algérienne. Cette dernière consistait à débarrasser les peuples d’Algérie de la domination française. Voilà un exemple qui contredit l’idée de la spontanéité des masses. Depuis la révolte kabyle de 1871 qui s’est soldée par un échec, la France s’est installé confortablement en Kabylie et sur Ce territoire nommé Algérie. Avec les années 1920 un courrant de pensée chez les intellectuels et les syndicalistes préconisait l’indépendance de l’Algérie. La naissance de l’étoile Nord africaine un mouvement crée par des kabyles Ces même kabyles ont mis à la tête de leur propre organisation un arabe, « Messali Hadj », qui les à éliminé par la suite sous prétexte qu’ils voulaient inscrire dans le combat la question berbère. Bien sur l’élite kabyle a renoncé à ses aspirations après la crise berbériste de 1949. Une fois débarrassés de la question kabyle, la pensée arabo-musulmane a pris le dessus. Entraînant dans son sillage des générations d’intellectuels. Des écrivains, tels que Jean Amrouche, Feraoun, Mammeri, Kateb Yacine... . Des hommes politique tels que Abbane Ramdane, Krim, Ait Hmed... et des homme de guerre tel que le comandant Ouamrane, Rabvah Krim, Amirouche, Mira, mon père, mon grand-père et les parents de beaucoup d’entres nous. Le but se résumait en un maître mot "l’indépendance". Ce dont tout le peuple rêvait en silence malgré les incertitudes qui le gagnaient et qui le rongeaient. Celles qui voulaient que les indigènes ne soient capables de rien sans l’Européen, que leur culture soit mineure, sportivement hors concours... etc. C’est pour toutes ses raisons là, qui portaient atteinte à la dignité et au morale, que le combat politico-militaire, du FLN (le vrai), s’est accompagné par un autre front celui de l’élite créative (sport, musique, théâtre, peinture et pensée...) Ainsi tout le monde connaît la célèbre équipe de football FLN qui a montré au monde entier qu’un peuple veut exister. Avec des résultats sportifs mirobolants en écrasant des équipes nationales puissantes que même la France n’arrivait pas à battre. Cette équipe a participé à la prise de conscience des opinions du peuple indigène et de la communauté internationale de l’existence d’un peuple qui ressemble à tous les autres et qui ne demande qu’à exister. Des artistes formaient leurs structures. Des écrivains s’acharnaient à défendre becs et ongle la mémoire des leurs. Tout un travail de fond qui a ramené sur le chemin de la résistance et qui l’a fait faire sienne aux plus réticents et aux plus découragés de la première heure. A moins que le sort ne s’acharne sur les Kabyles et que l’histoire ne se répète que pour les autres et pas pour eux. A moins que les Kabyles soit devenus naïfs, lâches et aient oublié les chemins de la révolution qui souffle un peut partout dans le monde. Les mêmes moyens conduisent aux mêmes résultats. Quant aux élites intellectuelles, économiques et politiques c’est une autre histoire. A suivre.